Je n'ai rien posté sur ce blog depuis presque un an. Pour la base hebdomadaire, je repasserai ;-)

L'année a été riche en travail, ce qui m'a éloignée de l'écriture, mais pas des bonnes habitudes du recyclage.

Le sujet du jour : les vêtements. L'industrie textile est l'une des plus génératrices de pollution; et à moins d'être coincé sur une île déserte, et d'adopter un style vestimentaire à base de feuilles de palmier tressées, et de peaux en tous genres, nous dépendons de cette industrie quotidiennement.

Les vêtements neufs peuvent être écoresponsables, je ne le nie pas. Mais en ce qui me concerne, j'en achète le moins possible, parce que je souhaite m'inscrire dans une démarche consciente pour m'habiller. Voici mon histoire vestimentaire, et ma façon de participer à une réduction des déchets textiles.

Recevoir des vêtements : un bonheur ?

Quand j'étais enfant, je recevais beaucoup de vêtements. Mes parents avaient peu de moyens, mais ils connaissaient plein de gens qui en donnaient régulièrement. Trop petits pour ma soeur, ma cousine, la fille d'une collègue de mes parents,...? Bam! Une flopée de vêtements pour moi. Au fil des années, ça a façonné ma personnalité, tant en bien qu'en mal.

Longtemps, c'était impossible pour moi de renier un vêtement, même s'il était trop grand, trop petit, mal coupé, mal adapté. Mes parens me disaient que j'avais besoin de ces vêtements, et qu'ils n'avaient pas les moyens de m'offrir plus. Depuis que j'ai une garde robe "capsule", j'ai commencé une réflexion autour de moi et ma tenue, et ça a enclenché une réaction en chaîne. Réfléchir à ma façon de voir les vêtements en tant qu'enfant, à l'importance que j'accordais à mon aparence, à à ce que j'aimais, et plein d'autres sujets, ça m'a reconnectée à la petite rouquine à lunettes que j'étais.

Mini-o-tee

La mini-moi envisageait les vêtements comme tous les mini-humains : à la manière enseignée par les parents, et l'entourage. Dans les années 80, en fréquentant une école catholique de la campagne brabançonne, et avec des parents ouvriers qui voulaient des enfants insrtuits avant tout, c'était indiqué d'être présentable, mais superficiel de réfléchir à son apparence. Dans les yeux de mes parents, en étant aussi intelligente, c'était normal que je ne sois pas belle...

Je trouvais ça dommage de ne pas être belle. Je ne voulais plus être rousse; je voulais être blonde, avec des cheveux au carré, et des lunettes discrètes. Je voulais effacer les sujets de moquerie des autres enfants. Je voulais arrêter d'être intelligente aussi, parce que dans la famille et avec les enfants de la classe, ça passait assez mal : moulin à paroles, Miss Je-sais-tout, intello de service, Larousse de poche (parce que j'étais petite); ces mots si négatifs m'ont donné une identité. Il faut croire que j'ai malgré tout reçu suffisamment d'encouragements pour rester telles que j'étais, sinon j'aurais fini par rentrer dans la case de la normalité imposée par les autres, et je n'écrirais pas ces mots aujourd'hui.

Less is more

Avec le recul, j'avais beaucoup trop de vêtements! Surchargez un humain avec une foule d'informations, et il a besoin rapidement d'un système pour les gérer. C'est toujours face à une armoire pleine à craquer que l'on arrive à cette horrible conclusion : "Je n'ai plus rien à me mettre". Corollaire immédiat : acheter de nouveaux vêtements pour avoir enfin quelque chose à se mettre. Les enfants, heureusement, ça ne se laisse pas décourager par les normes de la mode; ça fait une tenue avec des vêtements qui les inspirent, et ça se fout éperdument de l'avis des gourous de la mode.

J'acceptais tout, de tout le monde ; les conseils, les vêtements, les critiques. Pendant des années. Je reviendrai sur ce sujet dans un autre billet, mais pour laisser l'identité que les autres m'accordaient, et ne garder que la mienne, ça m'a demandé de nombreuses années...

Heureusement, avec toutes ces fringues, j'ai pu toucher beaucoup de tissus, en connaître la texture, apprendre comment ils tombaient, comment les associer. Très vite, je me suis pris à imaginer un vêtement dans un tissu différent, à y rajouter de nouveaux détails. J'ai appris à coudre et à tricoter, et longtemps, je n'ai juré que par les catalogues de laine et les aiguilles, les patrons, et le tissu...

Et un beau jour, j'ai pris conscience que, dans mes vêtements, j'avais déjà de belles pièces. A moi de trouver ce que je pourrais en faire pour les adapter à ma silhouette et mes envies.

Ma première étape pour un dressing motivant : la garde-robe capsule. Si vous ne connaissez pas, ça consiste à trier votre dressing pour n'y trouver que des pièces que vous voulez porter. Les pièces qui ne sont pas adaptées à la météo du moment sont alors priées d'aller voir dans une caisse de stockage si elles s'y trouvent...Et celles qui vous boudinent peuvent aller se faire recycler, ou être données ou revendues.

Voici quelques liens utiles pour vous y mettre ^_^

http://www.un-fancy.com/capsule-wardrobe-101/capsule-week-qa/

http://withalovelikethat.fr/minimalisme-garde-robe-capsule/

http://marieclaire.be/fr/concept-capsule-wardrobe/

Je n'ai pas tout jeté pour ne posséder que les pièces recommandées par ces personnes : certaines d'entre elles étaient très sympas, j'avais franchement envie de les porter, mais ça faisait beaucoup trop dans mon armoire. Je stocke les inutiles du moment dans une lingère, et je trie régulièrement de façon à ce qui se trouve sur les cintres soit utile a court terme. Je donne ce qui ne me va plus, et je dépose au recyclage ce qui est abîmé, et mon stock diminue progressivement.

S'habiller récup'

Les vêtements, en première ou en deuxième main, c'est exactement pareil, ou presque.

Acheter des vêtements neufs, ça comporte certains désavantages, auxquels on ne pense pas toujours. Les vêtements jamais portés sont apprêtés avec des produits chimiques pour qu'ils ne se froissent pas. De plus, certains textiles sont sensibles aux frottements, ce que l'apprêt neutralise. Un vêtement neuf vous ment un peu, jusqu'à ce que vous le laviez.

Avec un vêtement de seconde main, vous voyez tout de suite si c'est un tissu qui se froisse facilement, ou s'il reste raide en toute circonstance, s'il s'use ou bouloche facilement, s'il accumule l'électricité (l'histoire de toute ma vie), ou si vous pouvez le porter toute une journée sans qu'il ne vous trahisse. Et il faut l'avouer, ça prend quand même moins de temps que de fabriquer tout de A à Z.

Avec un.e bon.ne couturier.e dans vos contacts, vous pouvez transformer à peu près tout pour que ce soit adapté à vous. Personnellement, je collabore avec la même personne systématiquement, car je n'ai pas assez de temps pour mettre en oeuvre mes idées, mais je suis très exigeante sur le résultat attendu. Pour sa part, elle me connaît bien, et attend toujours mes instructions s'il y a un doute. J'avoue, je suis du genre à débarquer avec une robe, et dire : on va tout démonter, assembler comme ça (et je dessine mon petit schéma), et ça va changer le style de la robe.

Ca semble un cliché, quand je le dis, mais une pièce parfaitement adaptée change tout dans une tenue. Je l'entends souvent, et j'adhère totalement : la qualité du tissu n'est pas directement liée au prix payé, ni à la marque. Le plus important : trouver un.e couturier.e qui correspond à vos attentes.

Fabriquer ses propres vêtements

Si vous ne trouvez jamais le vêtement que vous voulez dans la teinte ou la coupe qui vous va, ça peut être une bonne solution.

Côté patrons et modèles, hormis Internet, je suis une fan de Burda. Les planches de patrons sont claires, pas surchargées; les explications sont complètes. Ils ont édité un guide déstiné aux débutants en 3 ou 4 tomes, et il est bien fichu.

Pour les tissus, je vais dans les magasins classiques. Veritas et Mondial Textiles, c'est la base pour toucher le tissu, et ils ne pratiquent pas de tarifs dissuasifs. Les foires aux tissus sont un bon plan aussi, parce que les prix sont plus bas qu'en magasin. Acheter en ligne, c'est une bonne idée, mais il faut être vigilant sur la largeur du tissu vendu et la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Que ça ne vous empêche pas d'essayer, et de vous lancer : si vous voulez absolument une teinte spécifique, ou que vous flashez sur un motif, suivez votre instinct. Commencez par des tissus originaux ou très soignés, avec des coupes simples.

Pour être honnête, je n'ai pas fabriqué un vêtement entier depuis une éternité : dans tout ce qui me restait après avoir trié mes vêtements, je possédais des pièces avec beaucoup de potentiel. Je les ai gardées en réserve, le temps d'user ou de me lasser de celles qui sont suspendues. Le tissu que j'achète est donc régulièrement destiné à l'amélioration d'une pièce existante, et ça génère moins de déchets ^_^

Se fixer des limites

Quels que soient les vêtements que vous achetez ou possédez, l'important est de commencer par une bonne base : votre dressing. Car avant d'acheter ou de coudre quoi que ce soit, il est IN-DIS-PEN-SABLE que vous vous penchiez sur vos propres vêtements. Si vous vivez régulièrment la frustration de ne rien avoir à vous mettre, avec une armoire remplie, voici un article qui m'a aidée à identifier les basiques à posséder, histoire de pouvoir posséder peu de vêtements, combinables à l'infini pour une multitude de styles : https://www.bienhabillee.com/6-vetements-basiques-femme-a-posseder/

Si ça vous tente, mais vous ne savez pas par où commencer, allez-y progressivement : chaque fois qu'un vêtement vous file des complexes (exemple: trop étroit, et ça remonte, vous donnant l'air d'un tenancier de baraque à frites bedonant), traitez-le comme il le mérite! Faites-en des chiffons si cela peut vous servir, ou donnez-le à une bonne oeuvre.

Phrase pleine de sagesse de Tryo ^_^ : "les extrêmes, c'est toi". Personne n'est obligé de virer d'un seul coup dans le sans déchets écolo responsable et tout et tout. Chaque jour un petit quelque chose pour enretenir la flamme du recyclage, et de temps en temps, ça vous prendra par poussées :) Moi par exemple, je dois encore parvenir à acheter de façon écoresponsable pour mes Choupettes. J'investis dans des pièces de qualité; elles ne croulent pas sous les vêtements, mais je n'ai pas encore sauté le pas de la seconde main avec elles. Par contre, je raccomode et je rapièce à gogo :)

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